L’ami du petit déjeuner
D'aucuns, fâcheux sans aucun doute, nous rappellent régulièrement que nous risquons notre vie chaque jour. Aujourd'hui s'est confirmée mon impression : j'aurais une chance de plus d'échapper à une issue fatale prématurée si j'évitais d'écouter la radio le matin.
Comment commencer une journée sans s'indigner, se révolter ? Première mesure : ne lisez pas la presse, n'écoutez pas la radio. Autant dire difficile. Difficile, tant la tentation est grande de combler le silence matutinal* par les voix familières des journalistes qui partagent notre intimité au petit matin, du lever au brossage des dents, en passant par le petit déjeuner, périlleux moment propice à suffocation.
Ce matin, mention spéciale à Alain Finkielkraut. Même si je sais pertinemment que, provocateur, il est dans son rôle, il a plus que d'habitude réussi à me contrarier. Ce matin, donc, il abordait un sujet qui reste chaud même si le souffle froid de l'obsolescence médiatique a commencé à soufflé. Parlant de la jeune victime américaine de Roman Polanski, il jugeait ainsi qu'il ne s'agissait pas d'une petite fille de treize ans, mais d'une adolescente de treize ans et qu'elle ne pouvait être victime puisqu'elle avait déjà une vie sexuelle et qu'elle avait posé nue pour des magazines. Nuance, donc. Ça nous ramène au bon vieux temps où l'on pouvait encore dire qu'un viol était justifiable, puisque la victime était court vêtue. C’était avant, me direz-vous. Non hélas, c’est aujourd’hui.
Deviendra-t-il un jour inutile de rappeler qu'un enfant n'est pas un adulte en miniature, que ni son corps, ni son cerveau ne sont matures, qu'il est extrêmement vulnérable et influençable et que c'est seulement dans un univers sécurisant et aimant, respectueux de sa personne, de son esprit, qu'il pourra se développer au mieux et devenir un adulte doté d'esprit critique, libre de ses choix ?
J'en doute. En France, la défenseure des enfants, qui vient d'être désignée présidente du réseau européen des trente-cinq défenseurs des enfants, ne doit pas avoir de mal à justifier encore la nécessité de son poste, dans un pays où le Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU mettait encore récemment en lumière des points à améliorer : pauvreté des enfants, situation des enfants étrangers, droits des enfants handicapés, législation et pratique en matière d'arrestation et de détention de mineurs, violences contre les enfants, travail des enfants, prostitution…
Si jamais un jour l'existence même de cette fonction, défenseur des enfants indépendant, était remise en cause, vous pourriez toujours manifester votre soutien en signant par exemple une pétition…
Le 9 octobre 2009
*indice sur mes habitudes radiophoniques
Rendez-vous
Grippe, loi pénitentiaire, régime des retraites, emplois détruits, élections en Afghanistan, procès d'Aug San Suu kyi en Birmanie, Guingamp tirant Hambourg en coupe d'Europe, le 100 m couru en 9' 58″ seconde : à petites touches de faits insignifiants ou déflagrations de bombes factuelles, l'actualité, par définition, se construit à chaque instant. Avec elle, de par ses conséquences, les réflexions qu'elle produit, les actions qu'elle engendre, se construit notre société de demain. Chaque jour, chacun d'entre nous est amené à prendre position ou à refuser de le faire, ce refus étant une expression en lui-même. Pour nous accompagner dans cette construction/déconstruction continuelle, des citoyens, artistes, créateurs ou simples témoins d'expression libre proposent leur lecture du monde tel qu'il fut, du monde tel qu'il va.
Deux rendez-vous parmi de nombreux autres :
Pour le monde tel qu'il va :
à partir de vendredi à Douarnenez, le Festival du cinéma ouvre grand ses écrans aux peuples du Caucase : 70 films pour rencontrer et connaître, reconnaître, les habitants de cette région et partager avec eux des moments privilégiés. Stéphane Hessel, ambassadeur de France, ancien résistant, corédacteur de la déclaration des droits de l'Homme et son épouse Christiane, militante active des droits de l'Homme, nous feront l'honneur de leur présence.
Pour le monde tel qu'il fut :
jusqu'au 3 janvier à l'Abbaye de Daoulas : De la Grèce à Rome, Tarente et les lumières de la Méditerranée. Quand les artistes deviennent les avocats de leur civilisation face aux violences guerrières.
Au Relecq-Kerhuon, lundi 17 août 2009
Une élection décisive
Vendredi soir, une réunion publique était organisée à Guipavas. Nous avons pu y discuter avec deux candidats du Parti socialiste de la circonscription ouest : Isabelle Thomas et Andrew Lincoln. Dans une présentation très claire et argumentée, ils ont su démontrer combien il était décisif de voter le 7 juin prochain.
Dans un premier temps, et cela me semble primordial, Isabelle Thomas a insisté sur le caractère noble de l'action politique. Oui, elle fait, oui, nous, au Parti socialiste, nous faisons de la politique et, oui, nous en sommes fiers. Faire de la politique, c'est aller au delà d'une “bonne gestion”, c'est donner un sens à un mandat en prenant des décisions qui reflètent les choix de société de nos électeurs, qui respectent les valeurs que nous portons.
Pour donner un exemple, les députés socialistes européens ont déposé un amendement dans le cadre de la Directive textile, pour qu'une attention particulière soit portée contre l'exploitation des enfants, des sans-papiers, des prisonniers. Les libéraux (en France le Modem) et le PPE (en France l'UMP) ont voté contre.
Nous faisons tous de la politique. Chacun fait ses choix.
La crise que nous vivons actuellement, d'une ampleur et d'une durabilité inédites, est le signe que les orientations qui ont été suivies jusqu'ici ne sont pas les bonnes. Les élections européennes ont ainsi cette année une importance fondamentale : elles peuvent nous permettre d'en finir avec l’irresponsabilité écologique, avec les inégalités qui se creusent, avec la prédation spéculative et la marchandisation sans freins, nous permettre de penser autrement l'Europe du xxie siècle.
Cette nouvelle orientation suppose un projet politique porté par les citoyens des différentes nations, une Europe forte qui peut valoriser ses atouts et initier des alliances avec le monde qui l'entoure. Ce projet politique, le Parti socialiste européen l'a construit. Le Manifeste est tout à la fois le projet, le programme et l'engagement des candidats socialistes de tous les pays européens. Une plateforme commune pour une construction solide. Je vous engage à le lire.
Le 25 mai 2009.
Plateforme d’orientation et de coopération artistique
La mire, c'est joli en soi, coloré, plein de possibilités, mais il faut parfois passer du rêve à la réalité. C'est pourquoi je reprends aujourd'hui le clavier pour sortir de cet entre-deux créatif et nous replonger dans le quotidien.
Pour les artistes, pour les créateurs, ce quotidien est souvent difficile. Comme pour la plupart des gens, me direz-vous. Certes. Mais pour les artistes, il faut en plus affronter le soupçon. L'art, c'est flou, c'est vague pour beaucoup de personnes. Les comédiens jouent, les musiciens jouent. Et les plasticiens, les photographes, que font-ils ? Pas un vrai travail penseront certains. Et pourtant les artistes aussi travaillent et souvent travaillent beaucoup et longtemps avant de pouvoir s'imposer comme professionnels et sortir d'un statut extrêmement précaire. C'est bien la musique, le cinéma, le théâtre, l'expression sensible du quotidien, de l'intime ou du lien social sous toutes les formes qui rendent la vie plus belle. A tel point que, contre toute attente, il s'avère que pendant la catastrophe économique que nous vivons actuellement, nos concitoyens cherchent à préserver le temps et les moyens qu'ils consacraient à leur vie culturelle, cherchent les moyens d'y avoir accès encore et toujours malgré les difficultés rencontrées.
Au Conseil général du Finistère, une partie des dispositifs mis en place en matière culturelle est relative à la professionnalisation des artistes. Pour continuer en ce sens et pousser plus loin la réflexion, une rencontre est prévue vendredi entre la direction de la culture, celle de l'insertion et les partenaires finistériens concernés pour mettre en place une plateforme d'orientation et de coopérative artistique. Dans la droite ligne de la réflexion collective et transversale instaurée lors de l'adoption de l'Agenda 21, cet échange sera, à n'en pas douter, fructueux à tous points de vue.
Du principe vertueux
Je me souviens d'un temps, pas si lointain, où le président de la République affichait une volonté farouche de faire en sorte que les personnes handicapées fassent pleinement partie de la société et que tout soit fait pour compenser leur handicap : maisons départementales, prestation de compensation du handicap, ouverture de structures d'accueil, scolarisation en milieu ordinaire…
Or j'apprends que les personnels de la Maison départementale des personnes handicapées sous statut d'Etat qui demandent à réintégrer leur corps d'origine ne seront pas remplacés et qu'il n'y aura pas de prestation de compensation de leur absence.
Je me souviens d'un temps, il y a quelques semaines, où je recevais les éléments de communication du Ministère sur les violences conjugales et où j'étais alertée sur l'ampleur du phénomène et sur ses conséquences désastreuses.
Or j'apprends que l'Etat ne financera plus que très partiellement les dispositifs mis en place dans le département pour lutter contre ces brutalités.
Lorsque nous, élus de gauche, parlons de désengagement de l'Etat, ce n'est pas qu'une indignation de principe. Les conséquences de ce désintérêt, de cet abandon, se vivent au quotidien par des personnes fragilisées. Je vous en ai donné deux exemples, cités aujourd'hui en séance plénière du Conseil général. Je pourrais malheureusement les multiplier.
Mais que font-ils ?
Dans la série “mais que font nos élus ?”, je me propose de vous présenter régulièrement en illustration un aperçu de la semaine.
Aujourd'hui : le lundi (pas de soleil, c'est raté pour la chanson, mais pour conserver un caractère festif, je vous proposerai un petit jeu à la fin de ce post).
Le lundi, au Conseil général, c'est le jour des commissions. Commission des solidarités, commission territoire et environnement, commission jeunesse, commission économie, commission finances et évaluation : chaque conseiller général fait partie d'une commission qui se réunit tous les lundis pour évoquer en amont les rapports votés à la commission permanente ou en séance plénière, ou encore pour aborder l'une des politiques du Département sous ses différents aspects afin de la faire évoluer.
Ce matin, lors de la réunion de la commission des solidarités, nous avons ainsi passé en revue les propositions de rapports que nous voterons à la Commission permanente du 2 février : personnes âgées, personnes handicapées, action sociale, langue bretonne, culture, sport… Toutes ont été discutées avant la présentation à l'assemblée. Ces rapports-ci n'ont pas fait l'objet de modification, mais il peut arriver qu'un projet soit retravaillé à la lumière d'une discussion amorcée lors de ces temps de travail. Grâce à la magie de la transversalité, c'est aussi l'occasion pour les élus de mieux connaître les dispositifs de ces politiques et aussi des parties du territoire qu'ils connaissent moins. Le département du Finistère, en effet, est vaste et les échanges entre les élus sont le plus souvent riches et constructifs.
En fin de matinée, le Président du Conseil général et moi avons participé à une réunion organisée par le DRAC (directeur régional des affaires culturelles, c'est à dire, en gros, le représentant de l'Etat dans la région en ce domaine).
Pour finir, cet après-midi, la commission des solidarités s'est à nouveau réunie pour évoquer les orientations de la politique sportive du Département, une politique volontariste de notre collectivité. Daniel Créoff, conseiller général délégué aux sports, nous a présenté les projets d'évolution des dispositifs. La discussion qui a suivi nous a permis de dégager les grands axes qui nous semblaient devoir guider nos choix en la matière.
Très bientôt, sous vos yeux impatients, le très attendu “Mardi au Conseil général du Finistère”.
Et pour patienter, comme promis, le petit jeu, dans l'esprit du cultissime Où est Charlie : le mot “commission” a été subtilement glissé dans ces paragraphes à plusieurs reprises. Pourrez-vous trouver combien de fois ?
Révélation
Je vais ici faire un aveu, au risque de passer pour la caricature de moi-même : je suis abonnée à Télérama (et j'aime la chanson française zengagée et ma mère était enseignante, mais je ne suis pas la soeur de Vincent Delerm).
Et des fois, quand même, ça vaut le coup d'être abonnée à Télérama (en plus d'avoir les programmes complets et commentés de France Culture et de France Musique, les dissertations en trois parties sur la possibilité d'un cinéma sans images consubstantielles, caricature vous disais-je). Cette semaine donc, coup de chance, l'entretien n'est pas accordé à Jean-Claude Van Damme mais à Robert Badinter. Quitte à être légère, je préfère en effet le second au premier, que j'ai parfois du mal à suivre dans ses analyses. Sous le titre Les libertés publiques menacées, l'ancien Garde des Sceaux répond à quelques questions concernant la détention, la rétention, la peine de mort et, plus généralement sur la justice et les droits de l'homme. Je vous laisse le découvrir dans le texte ou même l'écouter, la paraphrase est un exercice dont je n'abuse pas. La citation, en revanche, si, donc je ne peux résister à la tentation de vous retranscrire un ou deux passages :
Quand je longe les murs de la prison de la Santé, je me dis qu'il n'y a pas si longtemps, là, en plein coeur de Paris, on coupait des hommes vivants en deux, puis chacun vaquait à ses affaires.
En Europe, nous bénéficions sans doute de la meilleure protection, mais cela n'empêche pas d'être vigilant car la tentation existe toujours, au nom de l'efficacité, de rogner sur les libertés fondamentales.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi ce grand moment de la cinquième République, qui illustre ce pour quoi je trouve (comme d'autres) essentiel d'avoir un engagement politique, passe les deux prochaines semaines sur France 2 le film L'Abolition. Et, pour le plaisir, le site de l'INA, sur lequel vous pouvez commander de grands moments d'archives.
Meilleurs voeux 2009
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Je vous souhaite, en ce mois de janvier, une année 2009 de bonheur et de partage.
Que les valeurs de tolérance, de solidarité, de curiosité et de fraternité soient les lumières qui guident vos pas en ces temps incertains.
Très bonne année à tous.
C’est arrivé près de chez vous…
Une petite fille de 13 ans violée par trois hommes cherche refuge auprès des autorités ; elle est condamnée à la lapidation orchestrée par cinquante hommes. C'est en Somalie.
Des femmes mutilées, battues, violées. La violence sexuelle utilisée comme arme de guerre. C'est au Congo.
Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. C'est en France.
Dans le monde, trois femmes sur cinq sont victimes de violences : coups, viol, agression, mutilations, violences dites culturelles, traite, proxénétisme…
Mardi 25 novembre 2008 : journée internationale contre la violence faite aux femmes.
Une manifestation de femmes est organisée à Brest :
rendez-vous à 20h30 place de la Liberté.


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